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Quand l'allumette
brille de mille feux
Pendant des millénaires, la sauvegarde du feu fut une
préoccupation majeure de l’humanité. L’allumette
fut d’abord un moyen de transporter le feu. Puis, il y
a un demi siècle et demi, elle permit enfin de «
fabriquer » le feu, transformant totalement notre vie
quotidienne.
L’allumette nous fait vivre et nous fait rêver.
D’Andersen à Robert Sabatier, elle est dépositaire
d’un inconscient profond, mystérieux et généreux.
Car le feu, c’est la vie. Loin d’être démodée,
l’allumette garde intact son pouvoir d’attraction
et son pouvoir magique. Si sa forme d’aujourd’hui
ressemble à celle de ses origines, elle a beaucoup changé.
Simple et indispensable, l’allumette FLAM’UP n’a
jamais cessé de s’améliorer. Elle est devenue
plus sûre, plus variée, plus « confortable
». Ses usages se sont multipliés.
Voici, en quelques pages, tout ce qu’il faut savoir sur
le petit bout de bois doté d’un joli bouton de
couleur... |
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Petits bouts d'histoire
soufrée
Jusqu’en 1870, la fabrication des allumettes fut assurée
par de nombreuses petites fabriques à caractère
artisanal. Les charges financières écrasantes
résultant de la guerre franco-allemande contraignirent
l’Assemblée nationale à créer une
série d’impôts nouveaux. Une taxe sur les
allumettes fut ainsi établie en 1871. Les recettes obtenues
n’étant pas à la hauteur des espérances,
le Parlement adopta en 1872 le principe du Monopole de l’Etat
sur la fabrication et la commercialisation des allumettes.
Dans un premier temps, le Monopole fut affermé à
la Société Générale des Allumettes
Chimiques, moyennant le versement d’une partie des bénéfices.
Puis, le 31 décembre 1889, le gouvernement décida
par décret de faire exploiter le Monopole des Allumettes
par l’Administration des Manufactures d’Etat, en
liaison avec l’Administration des Contributions Indirectes.
A partir de 1890, le sort des allumettes fut ainsi lié
à celui du Monopole détenu par les Manufactures
de l’Etat, qui comptait 7 usines à sa création.
C’est vers 1892 que le Monopole agrémenta les boîtes
d’allumettes d’illustrations diverses, souvent liées
à l’histoire de France. De nombreux artistes de
l’époque représentèrent, sur les
boîtes, des célérités historiques
comme Jacques Cœur, Jeanne d’Arc, Mazarin, Racine
ou George Sand.
Le 1er octobre 1935, le Monopole fut transféré
à la Caisse Autonome d’Amortissement, rejoignant
ainsi le Monopole des tabacs destiné par le vocable S.E.I.T.,
et créant ainsi le S.E.I.T.A., Service d’Exploitation
Industrielle des Tabacs et... Allumettes. En 1980, la Seita
deviendra une Société anonyme à capitaux
d’Etat. Elle sera privatisée le 24 février
1995, puis fusionnera avec la société TABACALERA
pour donner naissance à Altadis qui vend la branche allumette
de la SEITA à FLAM’UP en janvier 2001. |
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Vous avez dit pyrogène
?
Les pyrogènes sont tout simplement des porte-allumettes
munis d’un grattoir. Qui n’a pas connu ces boîtes
sans couvercle, munies d’un frottoir, que nos grands-mères
suspendaient au mur près de la cuisinière ?
Ce sont des pyrogènes « domestiques », héritiers
d’une incroyable lignée d’œuvres d’art
populaires. Petits vases ou récipients, agrémentés
de sujets amusants, les pyrogènes, comme les cendriers,
font le bonheur des chineurs. Les pyrogènes ont longtemps
proliféré sous forme de porcelaines cylindriques
sur les tables des cafés et des restaurants. Mais il
en existe d’innombrables versions à usage privé
en verre, en grès, en bois, en cuivre, en papier mâché.
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Première définition
« Petit
fétu de bois sec et blanc, de roseau, de sapin, soufré
par les deux bouts, servant à allumer la chandelle et
vendu par les grainetiers et les fruitiers ». Telle est
la définition que donnaient de l’allumette les
auteurs de la Grande Encyclopédie, au XVIIIe siècle.
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Les portes-fidibus
C’est de la Renaissance que datent ces petites boîtes
permettant de stocker quelques papiers roulés en bâtonnets,
forts utiles pour allumer sa pipe. On les appellera porte-fidibus,
déformation probable de « fil de bois » en
vieux français.
Le porte-fidibus ne comporte pas de frottoir.
Il laissera cet honneur historique au pyrogène, plus
vulgairement appelé porte-allumettes. |
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Et le phosphore fut
Il faut attendre le début du XIXe siècle pour
qu’on découvre enfin le principe véritable
des allumettes. Le Français Chancel invente les allumettes
oxygénées. En 1816, s’inspirant de sa découverte,
le français Desrone invente l’allumette au phosphore.
C’est à un anglais, Walker, que nous devons l’allumette
à friction, dont la tête s’enflamme par simple
frottement sur du papier de verre. Mais ses allumettes restent
dangereuses et c’est le français Sauria qui peut
être considéré comme l’un des inventeurs
des allumettes à friction véritablement utilisables.
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Des "viennoises" aux
"suédoises"...
Dès 1832, on vend à Paris des allumettes dites
« pyrogènes ». Très vite, après
1833, les allumettes au phosphore d’Outre-Rhin acquièrent
la réputation d’être les meilleures. La vogue
des « allumettes viennoises » va grandissant, malgré
le danger qu’elles représentent car elles s’enflamment
trop facilement. En 1845, le chimiste autrichien Schrötter
transforme le phosphore blanc en phosphore rouge, ce qui le
rend inoffensif. Les suédois, au même moment, imaginent
de préparer deux pâtes, l’une pour l’allumette,
l’autre pour le phosphore.
Les « allumettes de sûreté » ou «
allumettes suédoises » sont nées. |
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Des boîtes bien
habillées...
La technique de fabrication étant à peu près
maîtrisée, la terrible concurrence que se livrent
les fabricants se reporte peu à peu sur l’habillage
des boîtes. Les qualités graphiques, l’imagerie,
les formes et la richesse en sont extraordinaires. Les vignettes
des boîtes d’allumettes constitueront de véritables
témoignages des cultures et des mœurs de la société,
tout au long de l’histoire de France.

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